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GUSTAVE ROUSSY
1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 4 000 professionnels mobilisés

26/08/2026

Focus recherche – Anticorps-conjugués, médecine nucléaire… Quatre autres avancées à suivre

Le trimestre dernier, nous avons aussi appris qu’administrer plus précisément la chimiothérapie après la chirurgie était efficace pour traiter les métastases au foie, que les ADC sont une option thérapeutique supplémentaire dans certains cancers du sein métastatiques, que la médecine nucléaire apporte des résultats encourageants dans les tumeurs neuroendocrines du pancréas et que de nouveaux biomarqueurs pourraient aider à mieux sélectionner les patients atteints d’un cancer du poumon traités par ADC.

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Réduire le risque de récidive après la chirurgie de métastases hépatiques

Chez certains patients atteints d’un cancer colorectal, des métastases peuvent apparaître au niveau du foie. Même lorsqu’elles sont retirées par chirurgie, le risque que la maladie réapparaisse dans cet organe reste important.

Pour mieux prévenir ces récidives, des équipes françaises ont évalué une approche plus ciblée : administrer après l’opération une partie de la chimiothérapie directement dans l’artère qui irrigue le foie, en complément d’une chimiothérapie injectée en intraveineuse, qui reste le standard actuel.

L’essai PACHA 01, mené chez 99 patients opérés d’au moins quatre métastases hépatiques, montre que cette stratégie permet de réduire le risque de récidive de la maladie dans le foie. La survie médiane sans récidive hépatique est passée de 12 mois avec l’administration intraveineuse standard à 25 mois avec l’administration ciblée dans l’artère hépatique.

Ces résultats, obtenus dans un essai de phase II, devront être confirmés dans une étude plus large de phase III. Ils ouvrent toutefois une piste intéressante pour les patients présentant un risque élevé de récidive après chirurgie.

Postoperative Hepatic Arterial Infusion With Oxaliplatin After Surgery of Four or More Colorectal Liver Metastases: A Randomized Phase II Trial

Gelli, M., et al., Journal of Clinical Oncology, Volume 44, Number 15, 22 avril 2026.

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Une nouvelle option thérapeutique dans certains cancers du sein

Chez les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique RH positif et HER2 négatif, la maladie peut évoluer malgré les traitements prescrits. Face à cette situation, l’étude de phase III TROPION-Breast01 a évalué le datopotamab deruxtecan, un traitement de la famille des ADC. Son principe : associer un anticorps capable de reconnaître une cible présente sur certaines cellules tumorales à une chimiothérapie, afin de délivrer le traitement de manière plus ciblée.

Bien que l’analyse finale n’ait pas montré d’amélioration significative de la survie globale, l’étude menée sur 732 patientes montre que le datopotamab deruxtecan ralentit davantage la progression de la maladie qu’une chimiothérapie classique. Le taux de patientes répondant au traitement est également plus élevé avec le datopotamab deruxtecan, tout comme le contrôle de la maladie à 12 semaines. Autre point important : les effets indésirables sévères liés au traitement sont moins fréquents avec cet ADC qu’avec la chimiothérapie classique. Des données qui soutiennent le datopotamab deruxtecan comme une nouvelle option thérapeutique pour traiter certaines patientes.

Datopotamab deruxtecan versus chemotherapy in previously treated inoperable/metastatic hormone receptor-positive, HER2-negative breast cancer: final overall survival analysis of the phase III TROPION-Breast01 study

Pistilli, B., et al., Annals of Oncology, Volume 37, Issue 5, Mai 2026.

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La médecine nucléaire dans la prise en charge des tumeurs neuroendocrines du pancréas métastatiques 

Les tumeurs neuroendocrines (TNE) du pancréas sont des cancers rares, issus de cellules neuroendocrines capables de sécréter des hormones. Au stade métastatique, les options thérapeutiques comprennent l’hormonothérapie, deux thérapies ciblées et la chimiothérapie. La radiothérapie interne vectorisée (RIV), une technique de médecine nucléaire, est également validée dans cette indication. Mais elle n’est actuellement pas remboursée en France, faute d’essais cliniques dédiés.

L’étude académique française OCLURANDOM est un essai clinique randomisé de phase II, promu par Gustave Roussy, qui a évalué une molécule de médecine nucléaire, le lutétium Lu-177 dotatate, chez des patients atteints d’une tumeur neuroendocrine du pancréas métastatique exprimant des récepteurs à la somatostatine, une caractéristique qui permet de cibler plus précisément les cellules tumorales.

Cette approche a été comparée au sunitinib, une des deux thérapies ciblées déjà approuvées dans cette indication. Un an après le début du traitement, la maladie n’avait pas progressé chez 80,5 % des patients traités par lutétium Lu 177 dotatate, contre 41,9 % chez ceux traités par sunitinib. Après six années de suivi, la survie sans progression de la maladie était également plus longue chez les patients traités avec le lutétium.

Sur le plan de la tolérance, les patients traités par médecine nucléaire rapportent une meilleure qualité de vie pendant le traitement. La persistance de certains effets secondaires après son interruption soulève néanmoins des questions quant à la tolérance des lignes thérapeutiques ultérieures. L'étude met toutefois en évidence une efficacité antitumorale notable dans les tumeurs neuroendocrines du pancréas. Comme souvent dans les maladies rares, aucun essai de phase III spécifique n'est prévu pour confirmer ces résultats. Une nouvelle demande de remboursement a néanmoins été déposée à la lumière de cette étude positive.

[177Lu]Lu-dota-tate versus sunitinib in patients with metastatic progressive neuroendocrine tumours of the pancreas (OCLURANDOM): a randomised, controlled, phase 2 trial

Baudin, E., et al., The Lancet Oncology, Volume 27, Issue 6, Juin 2026.

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Vers une meilleure compréhension des ADC dans les cancers du poumon

Le cancer du poumon non à petites cellules est la forme la plus fréquente de cancer du poumon. À un stade avancé, certains patients peuvent bénéficier de thérapies ciblées ou d’immunothérapie, mais lorsque la maladie progresse malgré ces traitements, les options thérapeutiques sont limitées. L’étude ICARUS-LUNG01, menée chez 100 patients prétraités, a évalué le datopotamab deruxtecan, un ADC qui cible la protéine TROP2 exprimée sur les cellules tumorales. Ce traitement associe un anticorps à une chimiothérapie délivrée de manière plus ciblée.

Les résultats montrent une activité antitumorale réelle, mais mesurée. Le traitement a permis une réponse objective chez 26 % des patients, avec une survie sans progression médiane de 3,6 mois. Le bénéfice semblait plus marqué chez les patients atteints d’un cancer du poumon non épidermoïde.

Mais l’intérêt majeur de cette étude réside dans ce qu’elle permet de comprendre. Les analyses biologiques suggèrent que la capacité des cellules tumorales à internaliser TROP2 et donc aussi l’ADC pourrait influencer la réponse au traitement. À l’inverse, l’activation de mécanismes de réparation de l’ADN pourrait contribuer à une résistance au datopotamab deruxtecan.

Ces résultats devront être confirmés dans de plus larges essais, mais ils ouvrent une piste importante : mieux identifier, à l’avenir, les patients les plus susceptibles de bénéficier de ces nouveaux traitements ciblés.

Efficacy, safety, and biomarker analysis of datopotamab deruxtecan in advanced non-small cell lung cancer: ICARUS-LUNG01 phase 2 study

Planchard, D., et al., Cancer Cell, Volume 44, Issue 6, 8, June 2026.

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